16.02.2006

Walk The Line

Plutôt réussie cette nouvelle biopic hollywoodienne d’une légende de la musique américaine (après celle consacrée a Ray Charles l’année dernière).
Je dois même dire que le film de James Mangold est pour moi bien meilleur que celui de Taylor Hackford.
Il y a en effet dans « Walk the Line » une puissance d’évocation supérieure à ce qu’on a pu voir dans « Ray ».
Est-ce dû au fait que le film se concentre sur une certaine période de la vie de Johnny Cash, évitant ainsi de s’étaler sur plusieurs décennies, pour au contraire se focaliser sur les quelques années qui ont mené Cash au sommet de la gloire, et au début de sa longue histoire d’amour avec June Carter ? Sans doute.

Et comme le dit si bien Mangold, ce film est avant tout une histoire d’amour ayant comme personnage principale Johnny Cash et non pas un film sur Johnny Cash. C’est sans doute bien cela qui fait toute la différence.
Alors bien sûr, on pourra reprocher au film d’être un peu trop « hollywoodien » dans le traitement de cette histoire d’amour, mais en même temps, cette histoire méritait certainement d’être traitée de la sorte, car elle fut une histoire d’amour forte et indestructible entre deux âmes qui se sont trouvées et qui ont vécu ensemble jusqu'à la fin de leur vie (Cash ayant rejoint June quelques mois après la mort de cette dernière).
C’est une histoire d’amour au-delà des mots, au-delà des conventions, au-delà du jugement des autres (si ce n’est celui de Dieu). C’est une histoire qui s’est construite progressivement, une fois que Cash a pu mettre de cote certains de ses démons intérieurs.

Le film reflète plutôt bien les contradictions qui tourmentaient Cash, et nous montre à voir un homme intègre, en proie au doute, en combat perpétuel avec lui-même, une force de caractère hors du commun qui va faire d’un drame de sa jeunesse (la mort de son frère) un élément fondateur de sa vision de la vie (ou de sa vie en tout cas).

Il faut bien sur aussi évoquer les performances irréprochables du couple d’acteurs principaux. Joaquin Phœnix est Johnny Cash ! Il possède un magnétisme incroyable dans certaines scènes (je pense notamment à cette scène où Cash s’habille en noir afin d’aller défendre son idée de chanter au pénitencier de Folsom auprès de sa maison de disque) et chante lui-même les chansons de Cash avec une force, et une vérité troublante.
Reese Whiterspoon est quant à elle sublime dans le rôle de June Carter, habitant ce personnage fort d’une vérité poignante.

Beau film qui évite pas mal de pièges et qui rend justice a une des plus belles histoires d’amour de la musique américaine.