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01.04.2007

Leo88man

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Cela commence par un murmure, un tremblement, une voix sortie de nulle part. On se trouve au sous sol nous dit-il et l’on a pas de mal a le croire.
Des boucles s’enlacent en picking sur une guitare folk qu’on imagine être passée entre les doigts de Skip James ou Charlie Patton.
Les cafards au coin d’un mur craquelé n’osent pas bouger, ils ont trouvé a qui parler, ils ne seront pas seuls ce soir.
Leo88man rode dans le coin, laissez le vous murmurer d’étranges contes venus d’un endroit que lui seul et quelques autres avant lui connaissent.
« Enterrez moi vivant » lance-t-il d’une voix souple et sereine. Drôles d’histoires de famille un soir alors que tout est calme et que la lune cherche un compagnon d’infortune. Il semble bien qu’elle l’ait trouvé mes amis…
Les loups se mettent alors a hurler sous la forme d’un bottleneck distordu qui racle les fonds de bouteille au sortir d’un bar en flamme.
Des réponses oui, mais alors au diable qui attend au carrefour, Robert J. en ombre chinoise sous un arbre en pleur.
Le blues est bien vivant, et il est la, juste sous vos fenêtres. Musique vivante, qui palpite et crépite sous l’impulsion d’un musicien que rien n’effraie, pas même les comparaisons les plus flatteuses.
La guitare fantôme trace des chemins qui, autrefois, ont du se perdre sur les rives du Mississipi, remontant désormais des « Seine » propices a la gloire future.
Simplicité des arrangements, voix qui s’entremêlent et déchirent l’obscurité (« In the city »), cette musique cinématographique ouvre en cinémascope des horizons clairs obscurs. Entre chien et loup, Leo88man a choisi, a vous d’avoir le courage de le suivre.
Un peu plus loin, le fantôme de l’homme en noir surgit au coin d’une reprise habitée de « Ring of fire ». Jamais n’aurons nous autant ressenti le feu qui brûle au cœur de cette déclaration d’amour torturée.
La voix, par moment, me fait penser à Lou Reed. Même façon de déclamer les textes, même diction ironique. Mais alors qu’on se croit en terrain familier, un harmonica dylannien vient briser le calme velvetien de « Tuck me up today ».
Arrive alors le sommet de l’album. La chanson s’appelle « Dead cat on the line » et se rapproche des meilleurs compositions de Will Oldham. Les chœurs, sublimes, élèvent le morceau au rang de futur classique du folk moderne. On n’est pas loin non plus de Gene Clark et de son folk lumineux.
Le disque se termine dans un bar enfumé du vieux carré au coeur de la « Crescent City ». Flash-back, fondu enchaînée, Katrina en mirage lointain, Louis en spectateur, sourire éternel en reflet sur sa trompette.
Le souffle court, l’harmonica danse au rythme des musiques, noir et blanc d’époque, Leo88man ouvre la voie, ne soyez pas les derniers à prendre le train en route…

www.leo88man.com
http://www.myspace.com/leo88man