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25.03.2006
Gillian Welch
Gillian Welch, c’est d’abord une voix, semblant venir d’une autre époque (disons les années 30, 40 pour faire simple) mais qui est pourtant bien plus en phase avec son temps que beaucoup d’autres.
Cette voix, complétée a merveille par celle de son compagnon (de musique mais aussi de vie) est de celle qui ne vous lâche plus une fois que vous l’avez entendue pour la première fois et qu’elle s’est glissée insidieusement en vous.
Cette voix, et les traditions musicales qu’elle véhicule, semblent intemporelles.
Gillian Welch puise son inspiration dans le folklore traditionnel régional des états unis tout en le magnifiant de façon à le rendre finalement tout aussi actuel qu’il pouvait l’être à son époque. Ainsi, ces chansons, qui pourraient très bien avoir été écrites il y a plusieurs décennies trouvent un terrain d’expression au cœur de notre époque car les thèmes abordés (solitude, rejet, pauvreté, temps qui passe…) sont finalement toujours autant d’actualité.
C’est la la force de Welch de créer ainsi des chansons qui résonnent autant dans le passé musical de son pays que dans les préoccupations de son époque.
Je l’ai découverte (comme beaucoup de monde sans doute) par le biais de la BO du film « O’brother » des frères Coen. Elle y interprétait un superbe « I’ll fly away » en duo avec Alison Krauss ainsi qu’un magnifique « Didn’t leave nobody but the baby » en trio avec Emmylou Harris et Alison Krauss.
Et depuis ce jour, je crois que je suis définitivement tombé sous le charme de la voix de Gillian.
Ensuite j’ai d’abord écouté son troisième album « Time » qui me fit l’effet d’une révélation. Tout ce j’aimais dans la musique américaine se donnait a moi de la plus belle des manières. Dans un flot d’harmonies vocales toutes plus parfaites les unes que les autres, la musique de Welch et Rawlings s’insinuait en moi pour un long moment.
Et puis ces deux guitares qui s’entremêlent dans une complicité parfaite (guitare folk pour Gillian et Archtop pour David) tissent un univers sonore sans pareil qui leur permet de toucher l’auditeur au plus profond de son âme.
Ces histoires de perte, de solitude, d’amour, peuvent alors prendre corps dans un tourbillon d’émotions assez incroyable. Rien que les premières notes du premier titre de l’album me filent des frissons. Et puis ce solo de David en fin de morceaux est a lui seul un chef d’œuvre d’équilibre précaire, contrôlée et en même temps sur la corde raide. Il y en a plusieurs comme ça sur le disque.
Et puis il y a les voix. Ces deux voix qui se complètent a merveille, qui s’emmêlent et se démêlent avec délectation sont les fondements de l’univers musicale du duo.
Il faut les entendre tout au long des 15 minutes que dure le dernier titre du disque pour comprendre ce qu’est la perfection musicale de deux personnes qui s’expriment dans une liberté artistique, émotionnelle, absolue.
Je ne peux que conseiller l’écoute de cet album magique (un des dix albums que j’emporterais partout avec moi si j’avais un jour a faire ce choix…) ainsi que celle de leur premier disque, « Revival » tout aussi grandiose avec cette fois l’adition sur quelques titres d’une section rythmique (et quelle section rythmique…Jim Keltner aux fûts, James Burton a la guitare, etc.…).
http://gillianwelch.com/
07:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.03.2006
Hank III

Hank III is back, and he's gonna kick some Nashville'asses !!
Aller, rien que pour le plaisir je vous mets les paroles de "Dick in Dixie", pour que vous vous fassiez une petite idée du bonhomme.
"Well some say I'm not country
and that's just fine with me
'Cause I don't wanna be country
with some faggot looking over at me
They say that I'm ill-mannered
that I'm gonna self-destruct
But if you know what I'm thinkin'
you'll know that pop country really sucks
So I'm here to put the "dick" in Dixie
and the "cunt" back in country
'Cause the kind of country I hear now days
is a bunch of fuckin' shit to me
They say that I'm ill-mannered
that I'm gonna self-destruct
But if you know what I'm thinkin'
you'll know that pop country really sucks
Well we're losing all the outlaws
that had to stand their ground
and they're being replaced by these kids
from a manufactured town
And they don't have no idea
about sorrow and woe
'Cause they're all just too damn busy
kissin' ass on Music Row
So I'm here to put the "dick" in Dixie
and the "cunt" back in country
'Cause the kind of country I hear nowdays
is a bunch of fuckin' shit to me
And they say that I'm ill-mannered
that I'm gonna self-destruct
But if you know what I'm thinkin'
you'll know that pop country really sucks
And if you know what I'm thinkin'
you'll know that pop country really sucks"
Cet album est vraiment du pur Hank III, sans concession, plein de bruit et de fureur et qui nous emmène loin sur les traces de ses dérives country bien loin de la country mainstream de Nashville.
Il est de plus entouré de fines gâchettes qui se déchaînent sans compter tout au long de ces 40 minutes de folie (je ne parle pas du second disque « expérimental » que je vous laisse découvrir…).
Hank a vraiment la voix de son grand père, c’est assez hallucinant.
C’est de la country pur jus, et ça fait drôlement plaisir à entendre.
À consommer sans modération !!
19:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.03.2006
un ange passe...

Après une longue absence, me voilà de retour pour vous parler d’un très beau disque d’Emmylou Harris : « Pieces of the sky » paru en 1975 chez Reprise et produit par Brian Ahern.
Cet album, le premier d’Emmylou pour une grosse major, est tout simplement magique du début à la fin.
Après avoir été la partenaire vocale idéale d’un Gram Parsons en état de grâce (sur ses deux albums solos « GP » et « Grevious Angel »), Emmylou se met à voler de ses propres ailes, cela étant dû autant a une envie qu’a un coup du sort (la mort de Gram Parsons, quelques mois plus tôt).
Emmylou, qui a perdu a la fois un mentor et un partenaire musical, se retrouve face à elle même, prête à affronter ses influences multiples et à les faire siennes.
Elle va pour cela faire appel à Brian Ahern qui vient se tailler un joli petit succès en produisant quelques hits pour Anne Murray.
Après avoir entendu Emmylou Harris jouer quelques titres, Ahern va se mettre d’accord avec la chanteuse concernant les titres à choisir pour cet album.
Harris, qui se révèle être exigeante sur le choix des morceaux va aller piocher a la fois du cote des pionniers de la country music tels que les Louvin Brothers ou Boudleaux Bryant (songwriters déjà repris par Gram Parsons) et du cote de nouveaux auteurs tels que Rodney Cronwell
(qu’on retrouvera sur d’autres albums de la chanteuse) ou Merle Haggard.
On trouve également sur l’album une belle reprise des Beatles (cela arrivera également sur les albums suivants d’Emmylou) ainsi qu’une interprétation volcanique d’un titre de Shel Silverstein « Queen of the silver dollar » (celui la je peux me le passer en boucle, je ne m’en lasserai jamais).
Sur l’édition remasterisee parue en 2004, on trouve deux titres bonus vraiment sympa, dont un « Hank and Lefty » imparable.
Si on écrit sur un tel album, il faut absolument parler de la brochette de musiciens qui accompagnent la chanteuse, étant donné qu’on a affaire la a ce qui se faisait de mieux a l’époque.
Jugez plutôt :
James Burton a la guitare (ancien musicien d’Elvis et de Gram Parsons « pick it for me James »)
Glen Hardin aux arrangements de cordes (ancien collaborateur d’Elvis)
Bernie Leadon des Eagles
Ben Keith a la pedal steel (régulier de la troupe de Neil Young)
Bill Payne de Little Feat au piano
Et bien d’autres encore, tout aussi bon que ceux là.
Pas mal pour un début, non ?
Que dire de plus, si ce n’est qu’Emmylou Harris reste encore a l’heure actuelle, la grande dame de la musique américaine (et pas seulement de la country). C’est un ange de la musique, et elle marque de son empreinte vocale (on la retrouve aux chœurs sur une multitude d’albums de Ryan Adams, en passant par Neil Young ou Elvis Costello) une grande partie de l’histoire de la musique américaine.
Elle est terriblement actuelle et a la fois hors du temps, insensible aux modes et vraiment à part. C’est pour ça qu’on l’aime.
18:12 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
