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06.03.2006
un ange passe...

Après une longue absence, me voilà de retour pour vous parler d’un très beau disque d’Emmylou Harris : « Pieces of the sky » paru en 1975 chez Reprise et produit par Brian Ahern.
Cet album, le premier d’Emmylou pour une grosse major, est tout simplement magique du début à la fin.
Après avoir été la partenaire vocale idéale d’un Gram Parsons en état de grâce (sur ses deux albums solos « GP » et « Grevious Angel »), Emmylou se met à voler de ses propres ailes, cela étant dû autant a une envie qu’a un coup du sort (la mort de Gram Parsons, quelques mois plus tôt).
Emmylou, qui a perdu a la fois un mentor et un partenaire musical, se retrouve face à elle même, prête à affronter ses influences multiples et à les faire siennes.
Elle va pour cela faire appel à Brian Ahern qui vient se tailler un joli petit succès en produisant quelques hits pour Anne Murray.
Après avoir entendu Emmylou Harris jouer quelques titres, Ahern va se mettre d’accord avec la chanteuse concernant les titres à choisir pour cet album.
Harris, qui se révèle être exigeante sur le choix des morceaux va aller piocher a la fois du cote des pionniers de la country music tels que les Louvin Brothers ou Boudleaux Bryant (songwriters déjà repris par Gram Parsons) et du cote de nouveaux auteurs tels que Rodney Cronwell
(qu’on retrouvera sur d’autres albums de la chanteuse) ou Merle Haggard.
On trouve également sur l’album une belle reprise des Beatles (cela arrivera également sur les albums suivants d’Emmylou) ainsi qu’une interprétation volcanique d’un titre de Shel Silverstein « Queen of the silver dollar » (celui la je peux me le passer en boucle, je ne m’en lasserai jamais).
Sur l’édition remasterisee parue en 2004, on trouve deux titres bonus vraiment sympa, dont un « Hank and Lefty » imparable.
Si on écrit sur un tel album, il faut absolument parler de la brochette de musiciens qui accompagnent la chanteuse, étant donné qu’on a affaire la a ce qui se faisait de mieux a l’époque.
Jugez plutôt :
James Burton a la guitare (ancien musicien d’Elvis et de Gram Parsons « pick it for me James »)
Glen Hardin aux arrangements de cordes (ancien collaborateur d’Elvis)
Bernie Leadon des Eagles
Ben Keith a la pedal steel (régulier de la troupe de Neil Young)
Bill Payne de Little Feat au piano
Et bien d’autres encore, tout aussi bon que ceux là.
Pas mal pour un début, non ?
Que dire de plus, si ce n’est qu’Emmylou Harris reste encore a l’heure actuelle, la grande dame de la musique américaine (et pas seulement de la country). C’est un ange de la musique, et elle marque de son empreinte vocale (on la retrouve aux chœurs sur une multitude d’albums de Ryan Adams, en passant par Neil Young ou Elvis Costello) une grande partie de l’histoire de la musique américaine.
Elle est terriblement actuelle et a la fois hors du temps, insensible aux modes et vraiment à part. C’est pour ça qu’on l’aime.
18:12 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
