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21.02.2006

Quelques bonnes galettes recentes...ou presque

Voici quelques albums achetés récemment et qui ne cessent de tourner sur ma platine.



Gene Clark "No Other"

Deuxième grande claque après la découverte le mois dernier du premier album solo de Clark, communément appelé "White light" à cause de la photo de couverture.
Gram Parsons parlait de sa recherche d'une musique américaine "cosmique", et bien Gene Clark (membre fondateur des Byrds) en a trouvé la clé...
Un album lumineux, au-delà des modes, complètement hors normes et à écouter sans modération.
On en reparle vite bientôt.



Stephen Stills "Manassas"

Classique incontournable de country rock. Album qui mélange avec succès différents genres autrefois explorés par les membres de ce super groupe (la country pour Chris Hillman ou le folk pour Stephen Stills, ainsi que le bluegrass, les rythmes latino, le rock...).
Un mélange détonant et jouissif.



Dwight Yoakam "Guitars, Cadillacs, etc..."

Premier album de Yoakam qui explose les limites de la country et du honky Tonk et emporte tout sur son passage dans un fracas de guitares electriques et de rythmiques sans failles.
100% pure honky tonk music !! (non, Garth Brooks, tu peux rester chez toi, on ne t'a pas appelé...)

16.02.2006

Walk The Line

Plutôt réussie cette nouvelle biopic hollywoodienne d’une légende de la musique américaine (après celle consacrée a Ray Charles l’année dernière).
Je dois même dire que le film de James Mangold est pour moi bien meilleur que celui de Taylor Hackford.
Il y a en effet dans « Walk the Line » une puissance d’évocation supérieure à ce qu’on a pu voir dans « Ray ».
Est-ce dû au fait que le film se concentre sur une certaine période de la vie de Johnny Cash, évitant ainsi de s’étaler sur plusieurs décennies, pour au contraire se focaliser sur les quelques années qui ont mené Cash au sommet de la gloire, et au début de sa longue histoire d’amour avec June Carter ? Sans doute.

Et comme le dit si bien Mangold, ce film est avant tout une histoire d’amour ayant comme personnage principale Johnny Cash et non pas un film sur Johnny Cash. C’est sans doute bien cela qui fait toute la différence.
Alors bien sûr, on pourra reprocher au film d’être un peu trop « hollywoodien » dans le traitement de cette histoire d’amour, mais en même temps, cette histoire méritait certainement d’être traitée de la sorte, car elle fut une histoire d’amour forte et indestructible entre deux âmes qui se sont trouvées et qui ont vécu ensemble jusqu'à la fin de leur vie (Cash ayant rejoint June quelques mois après la mort de cette dernière).
C’est une histoire d’amour au-delà des mots, au-delà des conventions, au-delà du jugement des autres (si ce n’est celui de Dieu). C’est une histoire qui s’est construite progressivement, une fois que Cash a pu mettre de cote certains de ses démons intérieurs.

Le film reflète plutôt bien les contradictions qui tourmentaient Cash, et nous montre à voir un homme intègre, en proie au doute, en combat perpétuel avec lui-même, une force de caractère hors du commun qui va faire d’un drame de sa jeunesse (la mort de son frère) un élément fondateur de sa vision de la vie (ou de sa vie en tout cas).

Il faut bien sur aussi évoquer les performances irréprochables du couple d’acteurs principaux. Joaquin Phœnix est Johnny Cash ! Il possède un magnétisme incroyable dans certaines scènes (je pense notamment à cette scène où Cash s’habille en noir afin d’aller défendre son idée de chanter au pénitencier de Folsom auprès de sa maison de disque) et chante lui-même les chansons de Cash avec une force, et une vérité troublante.
Reese Whiterspoon est quant à elle sublime dans le rôle de June Carter, habitant ce personnage fort d’une vérité poignante.

Beau film qui évite pas mal de pièges et qui rend justice a une des plus belles histoires d’amour de la musique américaine.

10.02.2006

MOJO

Juste un petit mot pour signaler l'existence d'un numéro spécial du magazine MOJO entièrement consacré a Johnny Cash et au Country Rock (avec d'excellents papiers sur Gram Parsons, Gene Clark ou Lucinda Williams).
Lecture en anglais, mais à ne rater sous aucun prétexte.

09.02.2006

Coup de coeur 2005

Shannon McNally, c’est d’abord pour moi une chanson « Pale Moon » qui est aussi cinématique que disons « Badlands » de Springsteen.
Je ne sais pas, mais moi cette chanson, il suffit que je la joue pour qu’immédiatement des images, des paysages, des horizons, se forment dans mon esprit.

Rien que les premiers mots de la chanson…

“Oh I'd like to find myself trapped in some desert town with you
just me and you
my long black hair waving in the dry wind
me waving at you my lover from some ancient balcony”


On est tout de suite projeté dans un autre espace, américain définitivement : grands espaces, villes désertes, motels au bord d’une route poussiéreuse…
Et puis, on aimerait tant être cette personne a qui elle s’adresse.

Malheureusement, les choses s’aggravent assez rapidement, et ce qui commence comme une histoire d’amour, vole vite en éclat.

“But I'm not in some desert town and you're not there with me
i'm underground in NYC
the city of perpetual motion, the city that never sleeps
that's alright I wasn't tired anyways
I was so close to getting clear
thought I had nothing to fear
you'd be on a plane and you'd be gone
and it would be done”


C’est sans doute une histoire d’amour impossible, un instant volé au cœur d’une nuit magique, mais ce qui compte, c’est que ce souvenir persiste malgré les distances, malgré le temps qui passe, malgré la vie qui poursuit son chemin.

“I think it's unbelievable,
I think it's incredible,
it's magical, it's tragic.
but I know we'll meet again someday
we'll be very far away
I'll know you and you'll know me
and we're gonna both agree
that we belong together
we belong together
we belong together”


Et finalement, a chaque fois que j’écoute ce morceau, l’histoire peut recommencer, aussi belle que la première fois, même si je sais bien que ce moment dont parle Shannon McNally n’ai fait que pour durer de façon illusoire, le temps de ces 5min12 de rêve éveillée.

Musicalement, la chanson navigue entre les eaux troubles d’une country éthérée proche de ce que peut faire Jesse Sykes, et de ce que j’aurais tendance a appeler de la soul blues…
Shannon est entourée talentueux musiciens dont certains comme Tony Garnier et Charlie Sexton (qui produit par ailleurs l’album de façon remarquable) ont fait parti du backing band de Dylan sur « Love and theft ».
On retrouve également le pianiste Ian Mc Lagan (session man sur des albums de Dylan, Lucinda Williams ou Springsteen) ainsi que le joueur de pedal steel Greg Leisz (Sheryl Crow, Beck…) qui construisent un environnement sonore totalement envoûtant qui convient a merveille a la voix puissante et rugueuse et McNally.

« Pale Moon » se trouve sur le deuxième album de la chanteuse intitulée « Geronimo ».
C’est pour moi, un des trois meilleurs albums de 2005 (et il occupe la première place « coup de cœur » en tout cas) avec le Springsteen et le Buddy Miller.
Cet album regorge de joyaux et je le recommande à tous les amoureux de ce que beaucoup nomme l’altcountry.
C’est bien simple, c’est un de ces rares albums que j’écoute en entier sans me lasser d’aucunes des chansons (l’enchaînement « Sweet forgiveness », « Geronimo », « Pale Moon » est une tuerie sans nom).

A noter que McNaly vient de sortir un album live contenant des chansons de « Geronimo » ainsi que des titres inédits…on en reparle très vite !

Pour terminer, il est bon de noter que le site de la chanteuse contient les paroles des chansons ainsi que des informations intéressantes sur la chanteuse.

www.shannonmcnally.com

PS : on retrouve une version acoustique de « Pale Moon » sur un EP paru chez Fargo ou McNally interprète quelques chansons en duo avec Neal Casal.
L’album s’appelle « Rain on pure lightning ».

05.02.2006

Dick in Dixie !!!

http://www.amazon.com/gp/product/B000AGTQGS/qid=113914734...

Hallelujah mes freres, Hank III is back on the line !!!
Le nouvel album est prevu pour la fin du mois.
Tous chez vos disquaires (enfin, ceux qui auront le bon gout de proposer l'album qui encore une fois ne sera disponible qu'en import...).

100% Hellbilly !

04.02.2006

Boite de Pandore

www.Pandora.com


Pour ceux qui souhaitent transformer leur ordinateur en juke-box géant, je vous conseille vivement d’aller faire un tour sur ce site qui vous propose d’entrer le nom d’un artiste que vous appréciez et ils vous sortent une playlist en rapport avec cette artiste (des chansons de cet artiste mais aussi et surtout des chansons d’autres artistes se trouvant dans la même mouvance musicale).
Les morceaux sélectionnés sont en générale de premier choix, et le son est de très bonne qualité.
N’hésitez pas, chaudement recommandé !!

Music From The Big Pink



Je dois avouer que j’ai découvert The Band par l’intermédiaire de leur deuxième album au titre éponyme (avec cette photo légendaire du groupe face camera posant pour Elliott Landy sous la pluie, et plus tard reprise par The Black Crowes pour leur album “Southern Harmony"). L’écoute de cet album fut pour moi l’occasion d’un voyage unique au cœur du folklore musicale américain ainsi que la découverte d’un groupe qui aura marquer de façon indélébile l’histoire de la musique américaine (n’oublions pas qu’ils furent pendant quelques années le backing band de Dylan, cf. « The Basement Tapes » ). Le groupe a su marier des traditions musicales d’un passé oublié (ragtime, blues, folk, country…) tout en revisitant l’histoire d’un pays qu’ils abordaient en observateurs venus de l’extérieur (tout les membres du groupe, a l’exception de Levon Helm, sont d’origine canadienne).
« The night they drove old dixie down » représente le sommet d’un album a nul autre pareil en nous plongeant pendant 3min30 au cœur de la guerre de sécession par l’intermédiaire de la voix grave, Kansas Style, de Levon Helm qui personnifie de façon unique Virgil Kane, un simple soldat de l’armée des confédérés.

Pour une meilleur analyse de cet album essentiel, je recommande chaudement la lecture du livre de Greil Marcus « Mystery Train » ainsi qu’un petit tour sur ce site consacrée au groupe : http://theband.hiof.no/

En fait, si j’ai une légère préférence pour le premier album du Band, c’est pour la simple et bonne raison qu’il contient leur plus belle chanson (en tout cas, la plus parfaite à mon goût…) « The Weight ». Pour moi cette chanson est une des dix plus grandes chansons de l’histoire du rock. Elle est d’une simplicité musicale à toute épreuve (quatre accords) tout en dégageant une imagerie universelle capable de toucher le plus grand nombre. Cette chanson est un voyage initiatique a elle seule. Elle contient tant d’images capable de travailler l’inconscient de l’auditeur qu’elle en devient une sorte de road movie musicale (d’où son utilisation légendaire dans « Easy Rider ») qui transporte l’auditeur à la rencontre de personnages a la recherche d’un ailleurs meilleur.

“I pulled into Nazareth
Was feelin’ about half past dead
I just need some place
where I can lay my head”

Quelle meilleure entrée en matière que ce premier couplet ?
En quelques secondes et trois accords de guitare, nous sommes à Nazareth, Pennsylvanie, sur le bord d’une route poussiéreuse, une vieille Martin en main, et on n’a pas dormi depuis plusieurs jours. On souhaite juste trouver un lit pour la nuit, afin de laisser quelques instants le poids de nos peines…

Un peu plus, ce sera Carmen qu’on croisera sur le bord de la route, avant de conclure un pacte avec Crazy Chester.

“Take a load off Fanny, and you put the load right on me”

Across The Great Divide



Crazy Chester est né de l’envie de partager la musique qui me suit depuis quelques années déjà, celle qui coule dans mes veines, celle qui remplit mes nuits de rêves solitaires, celle qui me fait voyager un peu plus loin chaque fois.
J’ai envie de parler de cette musique, de partager des impressions, des découvertes…
Cette musique, c’est le blues, le folk, le country rock, et bien d’autres genres encore. C’est celle qui s’étend le long des rives du Mississippi, qui flotte au dessus des pleines du Texas, qui s’infiltre entre les murs des quelques Juke Joint restant au cœur de la Louisiane…
Cette musique, si fortement américaine, mais qui prend ses racines dans bien d’autres folklore…
Cette musique, résultat de tant de flots d’immigrants à la recherche de la terre promise, est celle qui me touche, qui m’accompagne chaque jour, qui me donne le plus de plaisir.
Malheureusement cette musique est la plupart du temps assez peu représentée en France (pour des raisons souvent injustes…).
Que ce blog soit un espace d’expression pour ceux qui aiment cette musique mais aussi pour ceux qui souhaitent la decouvrir.

Crazy Chester, c’est l’héritier du Band, le passeur entre deux mondes…
« Will the circle be unbroken »

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