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09.02.2006

Coup de coeur 2005

Shannon McNally, c’est d’abord pour moi une chanson « Pale Moon » qui est aussi cinématique que disons « Badlands » de Springsteen.
Je ne sais pas, mais moi cette chanson, il suffit que je la joue pour qu’immédiatement des images, des paysages, des horizons, se forment dans mon esprit.

Rien que les premiers mots de la chanson…

“Oh I'd like to find myself trapped in some desert town with you
just me and you
my long black hair waving in the dry wind
me waving at you my lover from some ancient balcony”


On est tout de suite projeté dans un autre espace, américain définitivement : grands espaces, villes désertes, motels au bord d’une route poussiéreuse…
Et puis, on aimerait tant être cette personne a qui elle s’adresse.

Malheureusement, les choses s’aggravent assez rapidement, et ce qui commence comme une histoire d’amour, vole vite en éclat.

“But I'm not in some desert town and you're not there with me
i'm underground in NYC
the city of perpetual motion, the city that never sleeps
that's alright I wasn't tired anyways
I was so close to getting clear
thought I had nothing to fear
you'd be on a plane and you'd be gone
and it would be done”


C’est sans doute une histoire d’amour impossible, un instant volé au cœur d’une nuit magique, mais ce qui compte, c’est que ce souvenir persiste malgré les distances, malgré le temps qui passe, malgré la vie qui poursuit son chemin.

“I think it's unbelievable,
I think it's incredible,
it's magical, it's tragic.
but I know we'll meet again someday
we'll be very far away
I'll know you and you'll know me
and we're gonna both agree
that we belong together
we belong together
we belong together”


Et finalement, a chaque fois que j’écoute ce morceau, l’histoire peut recommencer, aussi belle que la première fois, même si je sais bien que ce moment dont parle Shannon McNally n’ai fait que pour durer de façon illusoire, le temps de ces 5min12 de rêve éveillée.

Musicalement, la chanson navigue entre les eaux troubles d’une country éthérée proche de ce que peut faire Jesse Sykes, et de ce que j’aurais tendance a appeler de la soul blues…
Shannon est entourée talentueux musiciens dont certains comme Tony Garnier et Charlie Sexton (qui produit par ailleurs l’album de façon remarquable) ont fait parti du backing band de Dylan sur « Love and theft ».
On retrouve également le pianiste Ian Mc Lagan (session man sur des albums de Dylan, Lucinda Williams ou Springsteen) ainsi que le joueur de pedal steel Greg Leisz (Sheryl Crow, Beck…) qui construisent un environnement sonore totalement envoûtant qui convient a merveille a la voix puissante et rugueuse et McNally.

« Pale Moon » se trouve sur le deuxième album de la chanteuse intitulée « Geronimo ».
C’est pour moi, un des trois meilleurs albums de 2005 (et il occupe la première place « coup de cœur » en tout cas) avec le Springsteen et le Buddy Miller.
Cet album regorge de joyaux et je le recommande à tous les amoureux de ce que beaucoup nomme l’altcountry.
C’est bien simple, c’est un de ces rares albums que j’écoute en entier sans me lasser d’aucunes des chansons (l’enchaînement « Sweet forgiveness », « Geronimo », « Pale Moon » est une tuerie sans nom).

A noter que McNaly vient de sortir un album live contenant des chansons de « Geronimo » ainsi que des titres inédits…on en reparle très vite !

Pour terminer, il est bon de noter que le site de la chanteuse contient les paroles des chansons ainsi que des informations intéressantes sur la chanteuse.

www.shannonmcnally.com

PS : on retrouve une version acoustique de « Pale Moon » sur un EP paru chez Fargo ou McNally interprète quelques chansons en duo avec Neal Casal.
L’album s’appelle « Rain on pure lightning ».