« Across The Great Divide | Page d'accueil | Boite de Pandore »

04.02.2006

Music From The Big Pink



Je dois avouer que j’ai découvert The Band par l’intermédiaire de leur deuxième album au titre éponyme (avec cette photo légendaire du groupe face camera posant pour Elliott Landy sous la pluie, et plus tard reprise par The Black Crowes pour leur album “Southern Harmony"). L’écoute de cet album fut pour moi l’occasion d’un voyage unique au cœur du folklore musicale américain ainsi que la découverte d’un groupe qui aura marquer de façon indélébile l’histoire de la musique américaine (n’oublions pas qu’ils furent pendant quelques années le backing band de Dylan, cf. « The Basement Tapes » ). Le groupe a su marier des traditions musicales d’un passé oublié (ragtime, blues, folk, country…) tout en revisitant l’histoire d’un pays qu’ils abordaient en observateurs venus de l’extérieur (tout les membres du groupe, a l’exception de Levon Helm, sont d’origine canadienne).
« The night they drove old dixie down » représente le sommet d’un album a nul autre pareil en nous plongeant pendant 3min30 au cœur de la guerre de sécession par l’intermédiaire de la voix grave, Kansas Style, de Levon Helm qui personnifie de façon unique Virgil Kane, un simple soldat de l’armée des confédérés.

Pour une meilleur analyse de cet album essentiel, je recommande chaudement la lecture du livre de Greil Marcus « Mystery Train » ainsi qu’un petit tour sur ce site consacrée au groupe : http://theband.hiof.no/

En fait, si j’ai une légère préférence pour le premier album du Band, c’est pour la simple et bonne raison qu’il contient leur plus belle chanson (en tout cas, la plus parfaite à mon goût…) « The Weight ». Pour moi cette chanson est une des dix plus grandes chansons de l’histoire du rock. Elle est d’une simplicité musicale à toute épreuve (quatre accords) tout en dégageant une imagerie universelle capable de toucher le plus grand nombre. Cette chanson est un voyage initiatique a elle seule. Elle contient tant d’images capable de travailler l’inconscient de l’auditeur qu’elle en devient une sorte de road movie musicale (d’où son utilisation légendaire dans « Easy Rider ») qui transporte l’auditeur à la rencontre de personnages a la recherche d’un ailleurs meilleur.

“I pulled into Nazareth
Was feelin’ about half past dead
I just need some place
where I can lay my head”

Quelle meilleure entrée en matière que ce premier couplet ?
En quelques secondes et trois accords de guitare, nous sommes à Nazareth, Pennsylvanie, sur le bord d’une route poussiéreuse, une vieille Martin en main, et on n’a pas dormi depuis plusieurs jours. On souhaite juste trouver un lit pour la nuit, afin de laisser quelques instants le poids de nos peines…

Un peu plus, ce sera Carmen qu’on croisera sur le bord de la route, avant de conclure un pacte avec Crazy Chester.

“Take a load off Fanny, and you put the load right on me”